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Après le confinement, le cinéma tente des expériences de projection en “drive-in”

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Lorsqu’on parle de“drive-in”, on se projette immanquablement aux États-Unis. Des décapotables garées face à un écran de projection est souvent la première image qui nous vient à l’esprit.

Ce concept des années 50-60 qui a fait fureur aux États-Unis, est effectivement né outre-Atlantique. Le premier “drive-in” est organisé par un magnat de l’industrie chimique du New Jersey. C’est le 6 juin 1933 à Camden que se déroule la première projection en plein air. Le succès sera au rendez-vous, entre 1950 et le début des années 60, on comptera 4 000 “drive-in” à travers les États-Unis.

Mais si la popularité du drive-in marque l’histoire de l’Amérique, le procédé s’exporte en France. En 1970, lors de la création des Halles de Rungis, un cinéma drive-in y est installé. Il ne rencontra pas son public et périclita en quelques années.

Archives. Le 15 mars 1970, des passants sont interrogés pour savoir si ils ont l’intention de fréquenter le “drive-in” des Halles

 

Changement d’époque, nous sommes en mars 2020. La période de crise sanitaire dû à l’épidémie du Covid-19, obligent pour la première fois, dans l’histoire du cinéma, les salles à fermer. En Île-de-France, la municipalité de Saint-Thibault-des-Vignes, petite commune de Seine-Marne décide de se lancer dans l’aventure du cinéma en “drive-in” ou plutôt “ciné-parc”, terme plus approprié. “C’est en pleine période de confinement que l’idée a pris forme, le projet date d’il y a un mois” raconte M. Roy, le responsable culturel et événementiel de la commune de Saint-Thibault-les-Vignes, chargé d’organiser la projection du film.

“Alors que toutes les activités culturelles avaient été annulées depuis le 17 mars, et que le cinéma de Lagny [tout proche de Saint-Thibault-des-Vignes] était fermé, le maire a voulu proposer une animation à ses administrés”. Le conseil municipal a“opté pour cette solution originale et c’est comme ça que vendredi 12 juin, aura lieu la projection sur grand écran du film “Mamma Mia”, un grand succès populaire qui s’inspire des chansons du groupe suédois ABBA” explique-t-il.

Les spectateurs ne devront pas quitter leur véhicule pendant la projection du film

Ce projet a comme avantage, poursuit-il “de respecter les gestes barrière”. “Tous les spectateurs seront installés en famille dans leur propre véhicule, garé sur le parking de l’Intermarché, et ils leur sera demandé de ne pas quitter leur voiture”.

En outre M. Roy, précise que le projet n’occasionnera pas de pollution sonore. Le film diffusé en plein air sur un écran géant et sur réservation, profitera d’une technologie innovante, le son ne sera audible qu’à l’intérieur de l’habitacle du véhicule soit sur l’auto-radio soit par Bluetooth. Cette technologie innovante est aussi d’après lui “une des raisons de l’explosion de ce genre de cinéma”. En revanche, le 22 juin, “lorsque le cinéma de Lagny rouvrira ses portes, nous n’organiserons plus de telle soirée. L’idée n’était pas de faire concurrence à cette salle de cinéma mais de proposer une alternative culturelle”, insiste-t-il.

D’autres projets de “drive-in” en France

Dans la Drôme, la ville de Crest a organisé le 12 mai son premier “drive-in”. Plus à l’Ouest, la ville de Bordeaux avait donné son feu vert au Drive-in Festival, qui devait avoir lieu du 16 au 24 mai. Fin mai, l’annonce par le Premier ministre de la réouverture le 22 juin, a coupé son élan a cette manifestation itinérante. Mathieu Robinet, ancien directeur général de Bacs films, l’un des studios indépendants majeurs en Europe, et initiateur du festival a décidé de jeter l’éponge. “Cette manifestation itinérante s’arrête finalement après la première projection, à Bordeaux, en raison de la réouverture prochaine des salles“, a expliqué l’organisateur. “Nous avions toujours dit que nous arrêterions lorsque les salles rouvriraient”.Notre projet, n’avait pas d’objectif commercial”,  mais de “recréer un désir de cinéma pendant la délicate période de déconfinement”, précisait-il le 2 juin à l’AFP.

Ce même désir de créer un lien fort entre le public et le cinéma est l’objectif qui anime depuis toujours François Lesuisse. A la tête du cinéma indépendant “Le Grand Palace” situé aux Sables-d’Olonne, en Vendée, il organise depuis des années, ce qu’il appelle des “soirées fantasques”.

Un exemple, de “soirée fantasque ?” demande-t-il, “Et bien, c’est lorsque nous avons dit à tous les spectateurs qui venaient à la projection du film “Le grand Bain” que l’entrée serait gratuite si ils venaient voir le film en maillot de bain”.

“Le drive-in est une expérience que nous souhaitons faire vivre à nos spectateurs” confie François Lesuisse

“Nous sommes toujours dans la recherche, nous faisons des expériences pour amener le public à venir au cinéma”. De la même manière explique-t-il “la projection d’un film en drive-in est un projet qui nous tient à cœur depuis pas mal de temps. Nous avons eu cette idée, il y a deux ans, et ce n’est absolument pas, l’épidémie de Covid qui nous a poussé dans cette voie. Le drive-in “n’est pas un placebo”, explique-t-il c’est “une expérience de cinéma”.

Un procédé qui se développe en parallèle des salles de cinéma

La société, “Les Toiles de Minuit” est installée dans le Val-d’Oise à Beaumont. Depuis dix ans cette société prestataire dans l’audiovisuel, spécialisée dans le cinéma en plein air propose à ses clients d’organiser la projection de films sur écran géant sonorisé via les ondes radios. “Nos clients sont des collectivités, des centres commerciaux, ou bien encore des associations”, explique M. Daoudi, “Nous travaillons aussi bien avec l’hôtel Ritz, le musée d’art Moderne que pour les villes de Puteaux, Montreuil, Herblay…”.

Une quinzaine de projets de “drive-in”sont prévus pour 2020

En ce début d’année nous observons clairement un regain d’activité sur le drive-in, cette animation est sécurisante et c’est un plus pour les clients qui en redemandent. En 2019, nous avons organisé environ trois séances pour ce type de cinéma, en 2020, et une quinzaine de projets sont en cours. En revanche, même si notre activité est en pleine expansion, nous ne sommes en concurrence avec les salles de cinéma, nous sommes tous de la même famille”, conclut-il.

 

 



Source France 3

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