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COVID19 “ c’est dur de trouver un équilibre si le corps n’a pas la place d’exister” pour le danseur Awir Leon

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Dans l’épisode d’artOtech consacré à Claude-Eric Poiroux, le créateur du festival Premiers Plans nous avons demandé au danseur Awir Leon  de réaliser une improvisation sur la plateforme du Quai à Angers. Situé face au château du Roi René et au bord de la Maine, cette terrasse est l’un des meilleurs spots pour admirer la ville.

 

#corpsémouvants Awir Leon prend possession de la terrasse du quai à Angers

On danse pour rire, on danse pour les larmes, on danse pour la folie, on danse pour les peurs, on danse pour les espoirs, on danse pour les cris, on est les danseurs, on crée les rêves

Jérôme Touzalin auteur – dramaturge

 

Ce jour-là, artOtech se tourne à Angers au Quai

Après une matinée de déambulation dans la ville d’Angers avec deux auteurs de livres pour enfants, Mathou et Sophie, on choisit de faire une pause-déjeuner sur la plateforme du Quai. Le Quai est à la fois un théâtre, un centre dramatique mais aussi un centre national et une école de danse. Une évidence pour notre séquence dansée (all we can do). La terrasse, elle n’est pas seulement un panorama sur la ville, elle est aussi une scène idéale pour une improvisation avec vue.

Awir Léon est auteur-compositeur, producteur, interprète musical mais c’est le danseur qui sort maintenant de l’ascenseur qui mène à cette terrasse. Debout avec un café en main, nous le voyons s’avancer doucement vers nous et vers la caméra de Bertrand qui l’attend.
Il marche comme un funambule sur un fil imaginaire, son pas est doux, son regard vif et concentré cherche les repères de sa création. La pluie vient comme par miracle de cesser, une lumière d’hiver aussi belle qu’incertaine inonde la terrasse.

Il foule, frôle à peine les lattes de bois mouillées, glisse toujours en équilibre comme les règles du hip hop le lui ont appris. Posséder l’espace est pour lui visiblement un jeu d’enfant. Le vent qui s’est invité dans la danse rythme le parcours. Sûr, contrôlé, son corps s’étend et devient de plus en plus léger, libéré.

Au moment où Awir termine ses pas à la manière d’un chat sur un toit brillant, son beau visage se tourne vers nous et les clients du restaurant éberlués par cet inattendu moment, on découvre alors un large sourire qui nous dit merci.  

 
Le COVID 19 et la Danse

Awir en gallois ça veut dire ciel ! C’est dire si le garçon a en tête des rêves d’oiseaux et de liberté. Le COVID 19 aura un temps interrompu cette quête. Mais pas question d’en faire une période neutre « C’est le temps, pour une fois, de creuser dans la création, de chercher sans que ce soit au milieu d’un planning de tournée, ça c’est agréable, ça permet d’aller plus loin ! » Après, la situation n’en demeure pas moins anxiogène, « elle n’est pas forcément un bon moteur pour la création, mais c’est comme çà et il y a toujours la possibilité de la transformer ! »

C’est la danse qui lui a ouvert les yeux : « J’ai eu la chance d’être exposé à la danse toute ma vie, grâce à ma mère qui a monté une école de danse »
L’adolescent n’a pas suivi les cours de maman mais à 16 ans, il découvre le hip hop. « Je ne vais pas mentir, le facteur déclenchant c’était les filles, mais j’ai très vite senti qu’au-delà de cela, c’était libérateur pour moi de danser, que c’était un autre champ d’expression qui m’était important » voire nécessaire à sa vie. « la danse rassemble, la danse crée des vrais liens » mais dans notre société dans notre façon de vivre, on oublie énormément le corps, « on le réduit à quelques fonctions seulement. Je pense que c’est dur de trouver un équilibre si le corps n’a pas la place d’exister.»

Awir Léon c’est aussi une musique aux nombreuses influences, qui ignore les frontières

Awir Léon n’est pas seulement reconnu comme danseur contemporain, lui qui a forgé son caractère et trouvé son style aux côtés de Marie-Claude Pietragalla, Emanuel Gat et Amala Dior, il aime  les chemins de traverse. Son champ artistique s’étend à la composition de musiques de danse. Il compose aussi pour lui. Dans son dernier album Man Zoo, il dévoile un peu plus la richesse de son univers sur un rythme de soul électronique envoûtante.

Awir Léon extrait de l’album Man Zoo

Pour voir ou revoir l’épisode d’artOtech consacré à Claude-Eric Poiroux dans lequel Awir Leon dansait c’est ici :

 

artOtech Claude-Eric Poiroux fondateur du festival Premiers Plans à Angers

 

Quelques repères sur Awir Leon

Awir Leon est un auteur-compositeur, producteur et interprète musical et il est également danseur.
Son parcours dans la danse trouve sa source dans le mouvement hip-hop, pour ensuite trouver sa place au service de chorégraphes contemporains comme Marie-Claude Pietragalla jusqu’en 2009, puis Emanuel Gat, avec qui il fait chemin depuis plus de 10 ans.
En tant que musicien, il fit d’abord partie du trio UNNO, pour quatre EPs et un album, “Amaai” en 2017.
Parallèlement à ce projet il développe également une entité musicale en solo, sous le nom d’’Awir Leon, qui donnera jour a 3 EPs et 2 albums, dont le dernier en date, Man Zoo, est sorti en septembre 2019. Le lien avec la création chorégraphique n’est pourtant jamais bien loin, car Awir continue de créer des bandes sons pour des pièces de danse, pour la compagnie Emanuel Gat, celle d’Amala Dianor ou la compagnie Black Sheep, entre autres.
 



Source France 3

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