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“j’aimerais aller à Belle-Ile à pied”

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Bertrand Belin est chanteur, musicien, acteur et écrivain. Dans ses chansons, il porte un regard tendre et solitaire sur les gens, les objets. Il a grandi sur la presqu’Ile de Quiberon où il revient pour les vacances. Rencontre.

Bertrand Belin nous attend au bar-resto le Quai West, il y a ses habitudes depuis son adolescence. “Avant, ça s’appelait Job la Frite, je reviens tout le temps, quand je suis à Quiberon” nous explique-t-il. Ce jour-là, le soleil est au rendez-vous, la terrasse est remplie, le restaurant aussi. Les touristes sont bien là. “Qu’il y ait du monde, que les parkings soient bondés et que ça chahute, ça me dérange pas“, dit-il. Au contraire.

Môme, Bertrand Belin ne partait pas en vacances, ce sont les vacances qui venaient à lui : “Quand on est jeune adolescent, on regarde les autres adolescents arriver d’ailleurs, avec des Walkman, des skates et tout un tas de trucs qu’on n’a pas l’habitude de voir, c’était très excitant“. Il a gardé un regard émerveillé sur la vie balnéaire d’une façon générale.

 

La Bretagne vue par Bertrand Belin

Avant ce café en terrasse, Bertrand Belin est parti relever les casiers avec un ami du coin. C’est ainsi que commencent ses journées à Quiberon. Ce matin-là, il a récupéré quelques araignées : “Depuis que je suis arrivé, on a déjà ramené cinq homards aussi“. Et de nous montrer la preuve en photo, sur son portable.


Famille de pêcheurs

Son père était pêcheur. Il a aussi deux frères qui sont dans la partie aujourd’hui. C’est d’ailleurs l’un d’eux que l’on va rencontrer. Brice et sa femme Sylvia “c‘est mon couple modèle” explique Bertrand. Ils pêchent la palourde à la main, dans le Golfe depuis 27 ans, toute l’année, quelque soit le temps.

La pêche? Les Belin ont ça dans le sang.

 

J’ai une admiration généralisée pour le milieu maritime et les pêcheurs. Je suis très fier d’avoir des frères pêcheurs

Bertrand Belin

Son frère ajoute que dans leur famille, “la mer les nourrissait“. Ce n’était pas la pêche plaisir, il fallait nourrir les cinq enfants Belin : “si on n’allait pas à la pêche, on ne mangeait pas, se souvient Bertrand. Par exemple, on mangeait des moules tous les jours pendant 10 jours, parce qu’on avait pêché des kilos et des kilos de moules. On en faisait toutes sortes de plats, pareil pour le poisson. C’était de la pêche pour manger”.  


Famille de musiciens

Brice est aussi musicien comme son frère. Mais, lui, “c’est pour le loisir“, dit-il. Il joue régulièrement avec son fils dans les cafés en Bretagne, comme il faisait, il y a plus de 30 ans avec son petit frère. “J’ai conscience du niveau qu’il a dans sa carrière, mais ça reste mon petit frère, explique Brice. On a commencé ensemble dans les bars, on jouait mal, on avait du matos pourri, mais tout le monde était fou.” “Je suis super fière d’eux“, conclut Sylvia.
 

La mer, c’est une immense couverture qui recouvre des reliefs qu’on ne verra jamais, je m’interroge souvent sur à quoi ressemblerait une promenade au fond de l’eau, j’aimerais bien aller à Belle-Ile à pied, au fond de l’eau. 

Bertrand Belin

La mer guérisseuse

Bertrand Belin aime la mer, il s’y baigne dès qu’il peut. Il ne craint plus le froid, moins depuis quelques années.C’est un endroit qui offre une ligne d’horizon unique, qui devient de plus en plus rare, dans nos vies contemporaine. Le regard peut porter loin. On ne voit pas de constructions, d’artefacts humains. On voit le même spectacle que l’homme du néolithique. Ça peut faire relativiser les malheurs qu’on peut avoir, les mauvaises humeurs, ou même parfois les crises existentielles

Quand Bertrand Belin revient à Quiberon, il parle d’une nostalgie heureuse. Celle du fils de pêcheur, de l’ado qui a quitté la presqu’Ile pour Paris, à 18 ans. Il se souvient, cherche l’ancien Quiberon dans ses formes nouvelles. La Presqu’île est son port d’ancrage. Bertrand Belin s’identifie à sa côte, sauvage, à sa baie, habitée. Deux paysages, deux humeurs, qui ont construit l’artiste.

 



Source France 3

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