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joli succès pour la web-série “Les Résistants” de Nicolas Fay

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Une série de portraits, réalisée par Nicolas Fay dans la commune haut-viennoise du Dorat, commencée pendant le confinement, cartonne sur le net. Avec une visibilité accrue grâce au relai des cinéastes Edouard Bergeon et Guillaume Canet sur leur chaîne nationale Cultivonsnous.tv.

La série initialement intitulée “Le Dorat solidaire”, devenue “Les Résistants”, compte 30 portraits. Du paysan à l’infirmier, en passant par le professeur et le prêtre, Nicolas Fay a promené son micro et sa caméra d’abord au Dorat, puis aux alentours.

Il s’est baladé dans un rayon de 30 km autour de cette commune haut-viennoise.

 

Des portraits emprunts d’interrogations et de reflexions sur le monde d’aujourd’hui et sur le monde de demain, qui s’ancrent dans un territoire historiquement “de résistance et de maquis” : le Limousin.

Des portraits réalisés lors d’une période inédite qui bouleverse tant de certitudes : le confinement.

Voici le portrait n°19 intitulé “le Monde d’Après”

Le premier film de la série s’attache à suivre des livraisons solidaires au coeur du bourg. Le succès est vite au rendez-vous : posté à 13h sur sa chaîne YouTube, il compte 8.000 vues le soir même. 

Je n’ai pas compris, sur un village de 1.700 habitants dont seulement 450 ont Internet, comment on avait eu autant de vues. Je me suis dit y a un truc bizarre.

Nicolas Fay

Soutenu par Edouard Bergeon et Guillaume Canet

Très vite, les vidéos attirent l’oeil d’Edouard Bergeon. Sans doute parce qu’elles parlent toutes et quels que soient les sujets, “d’agri-cultureS”, et qu’elles entrent en résonnance avec les préoccupations du cinéaste.

Celui qui a réalisé le film “Au nom de la terre” va mettre en ligne sur la chaîne YouTube Cultivonsnous.tv, parrainée par Guillaume Canet, les vidéos de Nicolas. Et leur donner une belle visibilité au niveau national. 

 

Edouard Bergeon et Guillaume Canet lors de la présentation du film "Au nom de la terre" en Mayenne.

Edouard Bergeon et Guillaume Canet lors de la présentation du film “Au nom de la terre” en Mayenne.

© Fred Douchet / MAXPPP

Le début de l’aventure

C’est donc dans la commune du Dorat, où vit la famille de son épouse depuis des générations, que Nicolas Fay est venu vivre au début de la crise sanitaire. Très vite, cet homme d’images, parisien, monteur et réalisateur avec un riche passé dans la pub notamment, souhaite reccueillir les témoignages des habitants de ce petit territoire rural. Montrer comment ils s’organisent face à la pandémie. Et surtout, comment les uns et les autres envisagent le Monde d’Après. Comment ils sèment déjà les graines d’un autre futur. Tous libèrent leur parole face au réalisateur.
Sa caméra ? un smartphone. De quoi se faire discret, avec un matériel ultra maniable et que l’on oublie vite.

“Ce n’est pas super légal, mais c’est super utile”

Les règles de confinement ? Nicolas a respecté les gestes barrières, mais avoue avoir tourné sans autorisation. Un gendarme lui aurait dit “Ce n’est pas super légal, mais c’est super utile”. Bref, le réalisateur a prit la liberté de tourner chez les habitants, comme en écho à la liberté de ton qui imprègne ses films.

J’ai commencé cette série pendant le confinement, dans un réflexe d’aller vers la lumière, vers ceux qui faisaient.

Nicolas Fay

Nicolas Fay (à droite) en tournage avec un chef cuisinier

Nicolas Fay (à droite) en tournage avec un chef cuisinier

© David Coiffard

Une démarche pour recréer du lien

Parfois militants et utopistes, toujours touchants, les personnages filmés par Nicolas Fay n’en sont pas. Ils sont simplement “eux”, naturels, captés dans leur quotidien et dans une réalité rurale.

Ces portraits, très humains et sensibles, composent comme une toile impressionniste, pleine de couleurs, et de laquelle ressort une réflexion sur le rapport des hommes à la terre, la place et le rôle de chacun là où il est, quelle que soit son activité, dans notre ère mondialisée. Le contexte sanitaire n’est finalement qu’un prétexte pour aller à la rencontre des gens, des “vraies” gens comme on dit. 

J’essaye de restituer la pulsation cardiaque des gens que j’ai rencontrés (…) La pub, c’est faire du vrai avec du faux. Là, c’était faire du vrai avec du vrai.

Des projets

En commençant cette web série de confinement, je ne pensais pas que j’étais en train de tourner le film le plus important de toute ma vie. Celui que j’avais en moi.

Nicolas Fay

Fort du retentissement de sa web-série, Nicolas Fay souhaite s’ancrer un peu plus au Dorat, loin de sa vie parisienne d’avant.

Désormais, tout transitera par le Dorat !

Nicolas Fay

Création d’une société de production localement, projet de documentaire inspiré de ses portraits, implication bénévole dans sa commune… Il fourmille d’envies et de projets, avec la volonté de continuer un travail considéré “d’utilité publique”. C’est aussi pour cela qu’il a refusé de collaborer avec TF1, qui souhaitait récupérer ses vidéos en changeant quelque peu sa ligne éditoriale. Avant tout, Nicolas Fay veut garder sa liberté.

 



Source France 3

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