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jusqu’à moins 70 % de fréquentation dans les cinémas de Bordeaux

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À Bordeaux et son agglomération, les salles de cinémas, enseignes nationales et indépendantes, souffrent doublement avec la crise du Coronavirus : d’un côté, la peur du virus et de l’autre l’absence de grands films familiaux à l’affiche depuis leur réouverture le 22 juin dernier.

Les salles de cinéma n’ont pas la cote depuis leur réouverture. La fréquentation s’est effondrée (-73,8%) en juillet au niveau national, avec 4,8 millions de billets vendus sur la période marquée par une programmation réduite, correspondant aux trois quarts de l’offre habituelle, selon le Centre national du cinéma (CNC). Comme partout ailleurs, Bordeaux et la métropole (cinq millions d’entrées de cinéma par an) accusent le coup.

► Entre 50 et 80 % de baisse de fréquentation

Le CGR de Villenave d’Ornon, près de Bordeaux, premier multiplexe de l’agglomération avec 15 salles et 900 000 entrées par an, n’échappe pas à la tendance. Les spectateurs boudent les salles obscures et le multiplexe affiche “une baisse de 70 %” selon Alexis Maljan le directeur d’exploitation. Le cinéma compte 35 salariés. Le dispositif de chômage partiel, mis en place lors du confinement par le gouvernement, est maintenu pour l’instant et Alexis Maljan espère qu’il va perdurer dans les prochains mois. Le groupe CGR est “solide” et l’établissement de Villenave d’Ornon a pu maintenir les travaux de rénovation qui étaient prévus avant la crise sanitaire. 
Au cinéma indépendant Jean Eustache de Pessac, la baisse de fréquentation est de 53 %. 

Notre clientèle de cinéphiles fidèles est revenue et nous sommes moins dépendants des blockbusters américains que les grands multiplexes, du coup la baisse est moins importante chez nous.

 

Nicola Milesi, directeur d’exploitation du cinéma Jean Eustache

Pour autant, la situation financière n’est pas très bonne. Le cinéma Jean Eustache est soutenu par la mairie de Pessac mais ce sont les entrées qui financent la structure, 220 000 entrées par an en temps normal. Ce qui inquiète le plus la direction du cinéma, c’est comment “la consommation de cinéma va évoluer”, quelles habitudes les spectateurs ont-ils pris durant le confinement, notamment par rapport aux plateformes de streaming.

► Peur du virus et offre réduite de films

Cette baisse de fréquentation atteint 80 % dans certains salles indépendantes de la région, c’est le cas à Barbezieux, près d’Angoulême, annonce Stephanie Vigier délégué générale du CINA  (Cinémas indépendants de Nouvelle-Aquitaine) qui a une vision générale sur les 119 cinémas indépendants de la région Nouvelle-Aquitaine.
 

Certaines salles s’interrogent sur une fermeture définitive, elles perdront moins d’argent.

 

Stephanie Vigier, déléguée générale du CINA Nouvelle-Aquitaine.

Cette désaffection pour les salles obscures s’explique à la fois par la peur du virus mais aussi par l’absence de grands films familiaux. Une analyse partagée par tous les cinémas contactés. L’an dernier, en été, il y avait à l’affiche Le Roi lion. Cette année, le film Mulan qui devait sortir le 22 juillet, a été annulé en salle et finalement programmé sur la plateforme Disney + à partir du 4 septembre. Une décison de Disney qui irrite les gérants de cinéma, “c’est un mauvais signal”, selon eux. Les exploitants citent également le dernier film de James Bond “redaté” au 25 novembre prochain. D’autres films ont carrément été reportés en 2021 par les distributeurs.
La lueur d’espoir pour tous les cinémas c’est “Tenet”, de Christopher Nolan, qui sort en salles à la fin du mois d’août.
  

►”Si la situation reste comme ça, on va à la cata” 

Coupé en plein élan. Le cinéma indépendant la Dolce Vita à Andernos sur le bassin d’Arcachon a ouvert ses portes le 14 décembre 2019 pour les refermer le 12 mars avec le confinement. La situation est très tendue pour ce petit cinéma de quatre salles.

C’est très très difficile. Depuis la reprise le 22 juin, on est à moins 75 % d’entrées. Aujourd’hui par exemple, on a eu seulement 30 personnes sur quatre séances !

 

Philippe Gonzalez, directeur du cinéma la Dolce Vita

Pour limiter les coûts de fonctionnement, il a fallu réduire le nombre de séances et la plage horaires des projections. “On programme trois séances par jours entre 14 heures et 21 heures”, explique le directeur du Dolce Vita. “On a aussi réduit le personnel” . Le cinéma emploie sept salariés.
Pour ce cinéma de bord de mer, la météo joue aussi sur le nombre d’entrées. Les jours de pluie, c’est mieux. 

Les gens n’ont pas envie de s’enfermer et préfèrent la plage après deux mois de confinement. On est dans l’incertitude pour l’avenir. Si ça reste comme ça, ce sera la cata pour nous.

 

Philippe Gonzalez, directeur du cinéma le Dolce Vita

Comme les autres directeurs de cinémas, Philippe Gonzalez espère que le film de Christopher Nola, Tenet, qui sort le 26 août, attirera du public pour relancer la fréquentation. Et de conclure un brin défaitiste : “Même si le film cartonne, la capacité des salles a été diminuée de 30 % pour respecter les distances d’un mètre entre les spectateurs, du coup on pourra même pas se rattrapper sur les entrées. Ce qui est perdu est perdu !”
 

► Quel sera le plan de relance pour les salles de cinéma ?

Stéphanie Vigier du CINA Nouvelle-Aquitaine attend avec impatience les décisions du gouvernement pour sauver la filière. Maintien du dispositif de chômage partiel, annulation des charges sociales, l’avenir des salles de cinéma en dépend. Plus globalement, sur l’ensemble du secteur de la culture en France, la baisse d’activité en 2020 est estimée à près de 25% du chiffre d’affaires par rapport à 2019, selon une étude du ministère de la Culture. 

Les cinémas sont aussi dépendants des distributeurs américains et des films produits pat Hollywood. En Nouvelle-Aquitaine, le retour des familles dans les salles obscures pourraient se faire le 14 octobre avec le film d’animation Calamity qui a été financé en partie par la Région.

 

Bande annonce 2020 du film Calamity de Rémi Chayé





Source France 3

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