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rencontre avec Emma et Anaïs, les deux “Adolescentes” du documentaire de Sébastien Lifshitz

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Emma et Anaïs, deux amies de Brive-la-Gaillarde, sont au centre du documentaire Adolescentes, réalisé par Sébastien Lifshitz, en salle à partir du mercredi 9 septembre 2020. Nous les avons rencontrées.

Emma est Anaïs sont meilleures amies. Aujourd’hui âgées de 19 ans, elles ont vécu une adolescence pas comme les autres, à Brive-la-Gaillarde en Corrèze. Il ne leur est rien arrivé d’extraordinaire, malgré tous les hauts et les bas que les jeunes filles peuvent connaître, et pourtant de 13 ans à 18 ans, Sébastien Lifshitz les a suivies avec une caméra. Le résultat, le documentaire Adolescentes, sort ce mercredi 9 septembre en salles.

En dressant le portrait d’Anaïs et Emma, Sébastien Lifshitz parle de tous les adolescents de cette époque. Ceux qui ont toujours connus les smartphones et les réseaux sociaux et ceux qui ont vécu les attentats de 2015 à un très jeune âge. Samedi 5 septembre, au lendemain de l’avant-première du film à Brive-la-Gaillarde, France 3 Limousin a rencontré les deux protagonistes du documentaire.

Un film “féministe”

Lorsque Sébastien Lifshitz, réalisateur des documentaires Les Invisibles et Bambi, décide de se lancer dans ce grand projet, il pensait filmer l’adolescence d’un garçon. Mais après avoir recueilli les conseils de chefs d’établissements de lycées et de collèges, son choix se dirige plutôt vers une fille – ou plutôt deux. “Ils lui ont dit que les filles connaissaient beaucoup plus d’évolutions dans ces années-là”, explique Emma. Selon elle, ce choix donne une “pensée très féministe” au film : “C’était un moyen pour nous de nous affirmer, de montrer qu’on était fortes.”

Adolescentes montre tous les moments de la vie quotidienne des jeunes filles, avec leurs amis et leurs parents mais aussi les instants les plus forts : anniversaires, résultats d’examens. “Sébastien venait à peu près 30 jours par an, avec 2 ou 3 jours tous les mois ou tous les 2 mois, détaille Anaïs. Parfois, ce n’était pas du tout prévu qu’il vienne mais il se passait un truc particulier dans nos vies du coup il disait “Bon, demain je suis à Brive”.”

“Le film montre notre vie, notre intimité”

Les caméras se sont immiscées dans l’intimité d’Emma et Anaïs, au point qu’elles n’y faisaient presque plus attention. Dans ce documentaire, on les voit se disputer, entre elles ou avec leurs parents, mais aussi parler de leurs corps qui changent, de leurs premières fois… Des choses qu’on ne partage pas sur grand écran habituellement.

Ainsi, les deux amies appréhendaient de présenter le film en avant-première à Brive-la-Gaillarde, devant des personnes qu’elles connaissaient de près ou de loin.

 

Présenter le film à un public parisien ou au festival de Bordeaux, ça ne nous gênait pas parce qu’on ne connaissait personne et qu’il n’y avait que des regards bienveillants. A Brive, j’avais extrêmement peur du jugement. Le film montre notre vie, notre intimité. J’avais peur que dans la salle il n’y ait pas que des regards bienveillants. Au final, j’étais très très étonnée parce qu’on a reçu beaucoup d’amour. On est venu nous faire plein de compliments à la fin du film, ça m’a touchée. 

Anaïs

Une amie d’Emma, lui a même confié qu’elle la comprenait mieux après avoir vu Adolescentes. En visionnant le film, les jeunes femmes se sont elle-mêmes redécouvertes. “On s’est vues d’un regard extérieur. Moi je me suis vue comme Emma me voit et elle s’est vue comme je la vois, déclare Anaïs. Je ne me pensais pas aussi courageuse.” Emma aussi a pris du recul après avoir vu le film : “Ce film m’a appris beaucoup sur le rapport que je pouvais avoir avec les autres notamment avec ma mère.”

A présent, Emma est en fac de cinéma – “Je ne me vois pas faire autre chose”, confie-t-elle – et Anaïs s’apprête à terminer sa formation d’aide-soignante. Elles souhaitent faire passer un message aux adolescents d’aujourd’hui, un conseil pour traverser cette période pas toujours simple : “Il ne faut pas avoir peur d’affirmer ce que l’on veut ce que l’on ressent auprès de sa famille, et surtout auprès de ses parents.”

 



Source France 3

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