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Six livres pour redécouvrir l’univers de Roald Dahl

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À l’exception de Charles Dickens au XIXe siècle et de J.K. Rowling à la fin du XXe siècle, rares sont les écrivains de littérature de jeunesse britannique dont les œuvres ont bénéficié d’un accueil aussi enthousiaste de leur vivant que celui qui a été réservé aux ouvrages de Roald Dahl. Et le succès de l’auteur se poursuit aujourd’hui et dépasse les frontières de la littérature.

Ses best-sellers, comme James et la grosse pêche (1961), Charlie et la chocolaterie (1964), Le Bon Gros Géant (1982) ou encore Matilda (1988), considérés déjà comme « classiques », continuent d’être réédités et adaptés pour la scène et l’écran dans le monde entier. Parmi les derniers exemples en date, on peut citer l’adaptation en bande dessinée de Sacrées Sorcières par Pénélope Bagieu en 2020, le remake de cette même œuvre au cinéma par Robert Zemeckis la même année ou encore la prochaine adaptation de l’univers de Dahl sur la plate-forme de streaming Netflix par le cinéaste néo-zélandais Taïka Waititi.

Cette réception confère à l’œuvre une portée retentissante qui surplombe le succès commercial pour octroyer à son auteur un caractère iconique. Ainsi, même si ses premiers romans pour la jeunesse ont été publiés il y a bientôt soixante ans, Roald Dahl est un auteur qui ne se démode jamais, malgré la réticence de certains adultes vis-à-vis de son œuvre.

Animaux fantastiques


Gallimard Jeunesse

L’œuvre de l’écrivain gallois ne s’arrête pas à ces best-sellers. Paru en 1978, L’Énorme Crocodile (titre original : The Enormous Crocodile) par exemple, diffère des autres livres de l’auteur puisqu’il s’agit d’un album pour les plus petits (dès 3 ans). C’est d’ailleurs grâce à cet album que Roald Dahl et Quentin Blake collaborent pour la première fois. L’histoire est simple, drôle et efficace : un crocodile décide de manger un enfant pour son déjeuner et élabore des plans et des ruses pour arriver à ses fins. Or, les autres animaux de la jungle, au courant de ses projets, vont tout faire pour l’en empêcher.

La structure répétitive de conte classique fonctionne bien sur les enfants, introduisant des éléments humoristiques et rassurants comme la bêtise du crocodile, le thème du « encore raté » ou encore la complicité bienveillante des animaux. Les illustrations hautes en couleur de Blake rendent parfaitement l’espièglerie du crocodile et charmeront tous les lecteurs, petits et grands.


Gallimard Jeunesse

Fier de cet album avec Blake où la narration se réalise de manière articulée entre texte et images, un exercice qu’il considère d’ailleurs comme extrêmement difficile, Dahl retente l’expérience avec l’illustrateur dans La Girafe, le pélican et moi en 1985 (titre original : The Giraffe and the Pelly and Me). N’ayant tout d’abord aucune idée d’intrigue en tête, Dahl commence par mentionner des animaux qu’il apprécie à Blake, ce dernier se réjouissant de pouvoir les dessiner.

C’est ainsi que l’album met en scène une curieuse équipe de laveurs de carreaux composée d’une girafe au cou télescopique, d’un pélican au bec escamotable, d’un singe agile et d’un jeune garçon prénommé Billy. Embauchés pour laver les 677 vitres du château du duc de Hampshire, les quatre héros se retrouvent dans une folle aventure, que seuls Roald Dahl et Quentin Blake sont capables d’inventer.

Enfants magiciens


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Le lien entre texte et image se poursuit dans La Potion Magique de Georges Bouillon (1981, titre original : George’s Marvellous Medicine) où les effets de la potion magique sur les animaux sont visibles sur les pages en plus d’être décrits dans le texte. Le dialogue entre texte et image souligne la démesure des transformations. Dans la version audio du livre (dont on peut écouter un extrait ici, les graphismes sont remplacés par des bruitages qui explicitent les étapes des transformations des animaux après qu’ils ont bu la fameuse potion. En effet, cette potion magique inventée par Georges Bouillon n’est pas sans rappeler celle d’Alice aux Pays des Merveilles de Lewis Carroll (1865).


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Dans Le Doigt Magique aussi (1966, titre original : The Magic Finger), le merveilleux est à l’honneur. La narratrice et héroïne de l’histoire possède le don de transformer les gens s’ils sont méchants grâce à son doigt magique. Quand ses voisins, la famille Cassard, refusent d’arrêter de chasser, elle décide de les transformer en leur proie favorite : des canards sauvages. Cet ouvrage permet d’aborder les questions éthiques autour du monde animal de manière ludique avec les enfants.

Du plus grand au plus petit


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Un amour de tortue (1990, titre original : Esio Trot) raconte l’histoire d’amour entre M. Hoppy et Mme Silver, sa voisine du dessous. Étant incapable de lui déclarer sa flamme, M. Hoppy décide de lui permettre de réaliser son souhait le plus profond : voir sa tortue, Alfie, grandir et prendre du poids. Pour ce faire, il met en place un plan complexe pour remplacer sa tortue toutes les semaines par une tortue identique visuellement, mais légèrement plus grande et plus lourde.

Cet ouvrage, recommandé au cycle 2 (CP/CE1/CE2) par le ministère de l’Éducation nationale permet à l’enfant de découvrir l’univers de Dahl grâce à une histoire à la fois drôle et ingénieuse et grâce aux nombreuses illustrations (en couleur dans l’édition française) de Quentin Blake.


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Publié en 1991, à titre posthume, Billy et les Minuscules (titre original : The Minpins), est lui aussi relativement méconnu. Fidèle à son univers loufoque entre réel et imaginaire, Dahl y raconte l’histoire de Petit Louis, un jeune garçon qui s’ennuie beaucoup chez lui et passe son temps à regarder la forêt depuis la fenêtre du salon.

Alors que sa mère lui interdit formellement de s’aventurer dans la forêt, Petit Louis brave l’interdit et profite d’un moment d’inattention de sa mère pour filer par la fenêtre. Une fois dans la forêt interdite, d’inquiétants grondements l’obligent à se réfugier dans les branches d’un arbre immense où il découvre alors les Minuscules, de tout petits hommes des arbres, qui vont le faire entrer dans un monde magique.

Les œuvres méconnues de Dahl peuvent donc permettre à tous, petits et grands, de découvrir ou redécouvrir un auteur iconique qui reste d’ailleurs une source d’inspiration notoire pour beaucoup d’auteurs contemporains comme J.K. Rowling (surtout connue pour sa saga jeunesse incontournable Harry Potter, Daniel Handler (alias Lemony Snicket dans Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire ou encore, l’exemple le plus manifeste, David Walliams, déjà surnommé outre-Manche « the New Roald Dahl ».



Eléonore Cartellier, Docteur en littérature britannique, Université Grenoble Alpes (UGA)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.

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